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Coupe du monde de la FIFA : un bilan contrasté pour les hôtels de Toronto et de Vancouver

09 octobre 2026 4 Minute Read

Nicole Nguyen in front of FIFA fanfest

Les hôtels canadiens ont connu un été en dents de scie pendant la Coupe du monde de la FIFA.

Dans les semaines précédant l’événement, l’organisation a annulé des centaines de réservations de chambres, contribuant ainsi à la baisse du taux d’occupation dans les villes hôtes de Toronto et de Vancouver.

« Cela ne nous a pas vraiment surpris, explique Nicole Nguyen, première vice-présidente chez CBRE Hôtels. Il est courant que des organisations comme la FIFA réservent d’importants blocs de chambres, puis en remettent une partie sur le marché à la dernière minute. »

Selon les calculs de CBRE, le taux d’occupation hôtelier a reculé de 7 % au centre-ville de Toronto et de 18 % au centre-ville de Vancouver en juin, comparativement à la même période l’an dernier.

En revanche, le tarif quotidien moyen (TQM), soit le prix moyen payé pour une chambre, a bondi de 21 % au centre-ville de Toronto et de 27 % au centre-ville de Vancouver par rapport à l’an dernier.

« Les prix ont nettement profité de cet engouement, puisque les touristes venus pour la Coupe du monde étaient prêts à payer davantage pour vivre une expérience unique », souligne Nicole Nguyen.

Par conséquent, le revenu par chambre disponible (revPAR) a progressé dans les deux villes par rapport à l’an dernier : il a augmenté de 10 % au centre-ville de Toronto et de 1 % au centre-ville de Vancouver.

Un effet d’éviction plus marqué qu’à l’habitude

Il est normal que de grands rendez-vous estivaux comme la Coupe du monde détournent des visiteurs qui, autrement, se seraient rendus à Toronto ou à Vancouver pendant cette période, explique Nicole Nguyen. Cette année, toutefois, le phénomène a été amplifié par toute l’effervescence entourant le tournoi.

« En faisant monter l’attente autour de la Coupe du monde, nous avons aussi dissuadé bon nombre de voyageurs de se rendre à Toronto et à Vancouver, constate Nicole Nguyen. C’est ce qui nous a le plus nui : les craintes liées à la congestion routière, aux perturbations du transport en commun et aux grandes foules ont incité les touristes à passer leurs vacances ailleurs. »

Si le taux d’occupation était demeuré stable par rapport à l’an dernier, la croissance du revPAR aurait été encore plus marquée et aurait pu atteindre 26 %.

Taylor Swift l’emporte sur le ballon rond

En novembre 2024, la tournée The Eras Tour de Taylor Swift avait provoqué une hausse notable des dépenses, faisant bondir le revPAR de 42 % au centre-ville de Toronto.

« C’est parce que sa tournée avait lieu pendant notre saison creuse, précise Nicole Nguyen. Ses retombées ne pouvaient qu’être positives, puisque le taux d’occupation hôtelier et l’achalandage touristique atteignent leur plus bas niveau à cette période de l’année. »

Comme juin et juillet figurent habituellement parmi les mois les plus achalandés sur le plan touristique à Toronto et à Vancouver, tout recul du taux d’occupation y est d’autant plus marqué.

« Nous aurions beaucoup à apprendre d’une ville comme Calgary, qui accueille le Stampede chaque été et réussit remarquablement bien à en faire la promotion pour attirer davantage de touristes », fait valoir Nicole Nguyen.

« Notre secteur a le devoir de promouvoir nos villes, et nous devons mobiliser toutes les parties prenantes pour y parvenir efficacement », ajoute Nicole Nguyen.

Un héritage durable

Même si le taux d’occupation hôtelier a souffert pendant la Coupe du monde, Nicole Nguyen rappelle que l’événement a aussi permis de tirer de nombreux enseignements positifs et de mettre en lumière plusieurs facteurs de réussite.

Le transport en commun, qui demeure une préoccupation de premier plan pour la population de Toronto et de Vancouver, a fonctionné rondement et connu très peu de retards grâce à la planification rigoureuse menée avant le tournoi.

« Les villes ont fait un travail remarquable pour assurer le bon déroulement de l’événement cette année : les déplacements quotidiens ont été très peu perturbés, aucun problème de sécurité n’a été signalé et la fréquentation piétonne a globalement augmenté », se réjouit Nicole Nguyen.

En tant que pays hôte de la Coupe du monde de la FIFA, le Canada a également profité d’une vitrine exceptionnelle sur la scène internationale. Cette visibilité a éveillé l’intérêt de davantage de voyageurs étrangers et devrait avoir des retombées pendant de nombreuses années.

« Cet événement laisse au pays un héritage durable qui, nous l’espérons, renforcera l’attrait du Canada dès l’été prochain et pour les années à venir », conclut Nicole Nguyen.

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