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Quand Edmonton sauva Noël, ou la pièce manquante au casse-tête logistique

décembre 10, 2021 3 Minute Read

As supply chain chaos continues, Edmonton could help save Christmas

Déjà sous tension, la chaîne d'approvisionnement a encaissé un coup dur le mois dernier quand des inondations sans précédent ont fait tant de ravages en Colombie-Britannique que des glissements de terrain ont endommagé des routes et des chemins de fer névralgiques.

Sans camions ni wagons pour acheminer leur cargaison vers l'Est, les porte-conteneurs ont commencé à refouler au port de Vancouver. L'afflux de marchandises asiatiques à destination du Canada étant pratiquement à sec, un voile d'incertitude plane désormais sur la magie des fêtes.

Mais si la chaîne logistique se veut le Grincheux qui voulait gâcher Noël, Edmonton pourrait bien s'avérer notre Cindy Lou.

« Edmonton se révèle tout à coup comme le port intérieur le mieux placé au Canada », déclare Dave Young, directeur général de CBRE à Edmonton. « Et nous sommes prêts à nous relever les manches pour faciliter le travail. »

C'est en partie grâce à sa liaison ferroviaire au port de Prince Rupert qu'Edmonton doit son heure de gloire.

Étant situé à environ 750 km au nord de Vancouver, Prince Rupert est non seulement le port nord-américain le plus proche de l'Asie, mais également celui où le temps de séjour de la flotte est l'un des plus courts sur toute la côte ouest.





À preuve : il faut en moyenne 18 jours pour décharger les navires à Los Angeles, 16 jours à Long Beach, 13 jours à Seattle et sept jours à Vancouver, alors qu’il n’en faut que trois et demi à Prince Rupert.

Or, Edmonton doit ce miracle de Noël à l'abondance de sa main-d’œuvre qualifiée, de ses terrains à bâtir et de ses installations industrielles vacantes.

La ville jouit en effet d'une offre considérable de centres de distribution de grande surface qui n'attendent que la signature d'un bail. Au troisième trimestre seulement, des installations de distribution totalisant 200 000 pi² ont été livrées au parc d'affaires Anthony Henday, tandis qu'un entrepôt de près de 600 000 pi² a été construit sur mesure pour Uline.

Le couronnement de plusieurs autres grands projets est prévu dans les six mois à venir, ce qui devrait garantir un arrivage régulier de nouveaux entrepôts sur le marché.

Non seulement les superficies abondent, mais elles sont également abordables. À Edmonton, le loyer net moyen des installations de choix est de 8,75 $ le pied carré. À Vancouver, on parle plutôt de 15,00 $ le pied carré.

« Il faut parfois une situation de crise pour se rendre compte qu'on peut faire autrement », admet Kevin Hughes, premier vice-président et courtier industriel pour CBRE à Edmonton.

« Le contexte actuel a permis de révéler qu'Edmonton a le réseau et la capacité qu'il faut pour assumer une grande part de la logistique et de la distribution des marchandises qui débarquent dans l'Ouest canadien. »


« Il faut parfois une situation de crise pour se rendre compte qu'on peut faire autrement. »

« Depuis lors, ajoute M. Hughes, Edmonton s’avère clairement plus avantageuse que d'autres villes en Amérique du Nord, dont sa voisine Calgary. »

Cette thèse est soutenue par le foisonnement de nouveaux projets industriels, notamment l'usine de pièces et le centre de distribution de Ford Motors occupant 400 000 pieds carrés au parc d'affaires Leduc, et le centre d'entreposage robotisé de 2,9 millions de pieds carrés que construit Panattoni au centre d'affaires Highland.

« En jouant sur les aménagements nouveaux et existants, la ville peut accueillir des utilisateurs du secteur de la logistique et de la distribution sur des superficies allant de 90 000 pieds carrés à 200 000 pieds carrés », précise Braylon Klemchuk, associé des ventes principal pour CBRE à Edmonton.

« Ce qu'on entrevoyait comme une solution temporaire pourrait finalement convenir à long terme », conclut M. Klemchuk.

« Nous avons des terrains en abondance, des promoteurs qualifiés et la main-d’œuvre nécessaire pour faire rouler ces entrepôts. »

À l'heure du grand détournement des marchandises en pleine période des fêtes, les entreprises devraient songer à Edmonton en raison de sa plus grande proximité à l'Asie, de l'acheminement ferroviaire rapide et des faibles coûts industriels, les premiers atouts sur la liste de souhaits de tout bon commerçant.

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