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Le patriotisme canadien stimule l’achalandage des hôtels au pays en 2025. Une tendance durable?

20 octobre 2025 4 Minute Read

Woman walking through airport with suitcase

Les hôtels canadiens sont en voie de dépasser les prévisions établies plus tôt cette année.

Cette solide performance s’explique en grande partie par le fait que les Canadiens et Canadiennes ont choisi de voyager au pays, ce qui a contribué à compenser la baisse du nombre de visiteurs américains ainsi que le ralentissement du tourisme en provenance de l’international.  

« Nous pensions que la volatilité économique nous forcerait à revoir nos prévisions à la baisse », a déclaré Nicole Nguyen, première vice-présidente à CBRE Hôtels.

« Mais les données mensuelles et cumulatives de l’année jusqu’à juillet affichent un rythme plus élevé que prévu, principalement en ce qui a trait à la croissance du tarif quotidien moyen (TQM) — un peu moins en ce qui a trait au taux d’occupation, qui est resté relativement stable.

Néanmoins, l’année aurait pu prendre un tournant très différent si les Canadiens et Canadiennes n’avaient pas montré leur fierté nationale en voyageant à l’intérieur des frontières, comme ils l’ont fait jusqu’à maintenant. »

Est-ce que cela continuera?

Une question demeure : le patriotisme continuera-t-il de guider les décisions de voyage des Canadiens et Canadiennes, surtout si l’économie ralentit et que leur revenu disponible en souffre? Nicole Nguyen note que de nombreux enjeux économiques pourraient avoir une incidence sur la demande en matière de voyages d’affaires et de plaisance.

En général, pour réduire les dépenses, les entreprises coupent d’abord dans les voyages non essentiels. Lorsque cela se produit, les employés commencent à s’inquiéter de leur sécurité d’emploi et de leur capacité à faire leurs paiements hypothécaires. « Les voyages deviennent vite secondaires », affirme madame Nguyen.

« Je crois que les Canadiens et Canadiennes veulent continuer de soutenir l’industrie nationale et que peu d’entre eux sont enthousiastes à l’idée de voyager aux États-Unis. Mais si l’économie se resserre, alors cet engouement patriotique ralentira aussi, car tous les voyages, au Canada comme ailleurs, deviendront un luxe. »

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Le tourisme automobile en hausse

CBRE prévoit que les principaux indicateurs du marché de l’hôtellerie, soit le revenu par chambre disponible (RCD), le tarif quotidien moyen (TQM) et le taux d’occupation, demeureront stables au cours des trois prochaines années. Nicole Nguyen reconnaît néanmoins certains facteurs préoccupants.

D’une part, les données sur douze mois sur le trafic aérien de passagers au pays sont demeurées stables, alors que le tourisme automobile est en hausse, ce qui, selon la vice-présidente, n’est pas un très bon signe. « Cela indique que les gens cherchent à réduire leur budget de voyage. Ils préfèrent rouler pendant quatre heures plutôt que de prendre l’avion. Cela soulève des préoccupations, car les gens semblent prendre des décisions en fonction d’une approche d’austérité. »

Une enquête semi-annuelle sur les intentions de voyage, menée par le Conference Board of Canada, a sondé les Canadiens et Canadiennes pour connaître les raisons de ne pas vouloir faire (ou de ne pas savoir s’ils allaient faire) un voyage de plaisance d’au moins une nuit. Selon les derniers résultats, de plus en plus de répondants signalent des raisons financières comme principal facteur.

« Les gens s’inquiètent de ne pas pouvoir se permettre de voyager », dit madame Nguyen.

La Coupe du Monde de la FIFA, un moment fort

L’été prochain aura lieu la Coupe du Monde de la FIFA, dont sept matchs se joueront à Vancouver et six à Toronto. Ce sera un « moment fort » pour le tourisme canadien, prévoit la vice-présidente. « Nous ne sommes pas convaincus que cela fera vraiment grimper le taux d’occupation, car les mois de juin et de juillet sont déjà extrêmement achalandés dans ces villes. »

Cependant, comme la tournée Eras Tour de Taylor Swift ou le Festival international du film de Toronto (TIFF), la coupe du monde devrait aider à atténuer la compression des tarifs hôteliers, car la forte demande découlant de ce genre d’événements rapproche les hôtels d’un plein taux d’occupation, ce qui fait aussi grimper le prix des chambres en général.

De plus, la réputation de ces villes pourrait bénéficier des effets indirects de ces événements. « Les gens verront à nouveau le Canada comme une destination potentielle, alors les perspectives de croissance à long terme sont bonnes. Les gens ne dépenseront peut-être pas leur budget voyage en 2026, mais ils pourraient le faire ici en 2027 ou en 2028. »

Pas de nouvelles chambres à l’auberge

La croissance de l’offre hôtelière au Canada est en deçà de la moyenne à long terme depuis 2019. En effet, les nouvelles capacités n’ont augmenté le nombre de chambres-nuits disponibles que de moins de 1,0 % par an entre 2020 et 2024.

Néanmoins, selon les prévisions de CBRE, l’offre devrait augmenter de 1,5 % en 2026 et de 2,1 % en 2027.

« Le développement hôtelier prend de la vigueur, quoiqu’à un rythme moins élevé que prévu », affirme Nicole Nguyen. « Les projets prennent plus de temps à se concrétiser sur le marché. Nous voyons constamment des projets dépasser les échéanciers, et ce, pour toutes sortes de raisons. »

Quelques chiffres

CBRE prévoit que le RCD demeurera positif dans la plupart des marchés au pays au cours de la prochaine année.

« On parle d’une croissance modérée, soit entre 2 % et 4 % pour le RCD en 2025 dans la plupart des marchés », affirme-t-elle, « mais, tout bien considéré, on s’attend à des résultats généralement positifs pour les propriétaires hôteliers. La situation revient à ce qu’elle était avant la pandémie. »

À l’échelle nationale, on prévoit que le taux d’occupation ne dépassera pas les 66 % en 2025, 2026 et 2027, alors que le TQM devrait croître jusqu’à 216 $ en 2026 et 221 $ en 2027.

« On ne peut pas atteindre un taux d’occupation de plus de 66 % annuellement, car il est difficile de convaincre les gens de voyager au Canada en janvier, en février et au début mars », dit Nicole Nguyen. « Même si l’hiver est une période spectaculaire dans de nombreux emplacements au Canada, on ne convainc pas facilement les gens qui préfèrent les climats chauds ou tempérés de venir ici. »

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