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Regard sur l’hôtellerie au Canada dans la foulée du congé de mars

27 mai 2022 3 Minute Read

A Post-March Break Look at Canadian Hotels

Ceux qui rentrent du congé de mars ont sans doute lieu de croire que l’industrie hôtelière a vigoureusement rebondi après deux années de confinements pandémiques.

Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Car si les perspectives de l’industrie hôtelière canadienne se sont nettement améliorées à l’heure où les mesures de confinement catastrophiques sont levées, il y a encore des progrès à accomplir avant que l’activité redevienne ce qu’elle était avant la pandémie.

Dans sa nouvelle édition des Perspectives de l’industrie hôtelière canadienne, CBRE prévoit que le revenu par chambre disponible (revPAR) — le principal baromètre du rendement hôtelier — devrait gagner 43 % d’un océan à l’autre pour s’inscrire à 81 $ en 2022. Bien qu’il s’agisse d’un énorme progrès sur le revPAR de 57 $ en 2021, ce chiffre représente à peine 76 % des niveaux atteints en 2019. En fait, le revPAR ne regagnera pas complètement avant 2024 les niveaux de 2019.

D’après les prévisions, le revPAR devrait s’améliorer d’ici la fin de 2022 à mesure que la confiance augmente. Dans le dernier semestre de l’année, le rendement mensuel du revPAR devrait être compris entre 80 % et 90 % des niveaux de 2019.

Les voyages d’agrément sont un élément important de la reprise jusqu’à maintenant, note Nicole Nguyen, directrice de CBRE Hôtels. « Mais à terme, il sera essentiel que les niveaux des voyages d’affaires, pour les entreprises comme pour les gouvernements, se relèvent afin de porter le rendement dans les périodes creuses. »

La Colombie‑Britannique mène la reprise

Certains marchés, comme les centres de villégiature et les hôtels dans les petites villes, rebondissent plus rapidement. « Malheureusement, les grands centres urbains et les marchés aéroportuaires correspondants sont vraiment en difficulté », explique‑t‑elle.

Les grands hôtels des centres urbains sont ceux qui ont le plus grand déficit à combler. En plus d’être des destinations touristiques internationales, ils sont largement tributaires de la demande des entreprises et de l’industrie des assemblées et des conférences, qui a été « quasi inexistante » dans les deux dernières années, précise Nicole Nguyen.

En 2022, CBRE s’attend à ce que la reprise soit menée par la Colombie‑Britannique, le Québec et l’Ontario, dont le revPAR devrait s’établir respectivement à 103 $, 94 % et 82 $. Dans chacune de ces trois provinces, la croissance de l’offre sera modérée, et seule la vigueur de la demande permettra d’améliorer l’occupation des chambres.

Surtout, dans ces provinces, la croissance du tarif quotidien moyen sera comprise entre 8 % et 13 %, ce qui viendra accélérer la remontée du revPAR.

Montréal reprend son souffle

Pour ce qui est des villes, le Grand Montréal devrait mener les marchés de l’hôtellerie canadienne en 2022, grâce à une croissance de 88 % du revPAR, qui devrait s’inscrire à 94 $. Le Grand Québec talonne Montréal, avec un revPAR de 93 $, soit un taux de croissance de 70 %.

Dans la région de l’Atlantique, on s’attend aussi à ce que St. John’s et le Grand Halifax inscrivent une forte croissance de leur revPAR, soit 60 % dans ces deux villes. Le revPAR du Grand Toronto devrait progresser de 50 % pour s’établir à 85 $ puisque le cœur du centre‑ville reprend du mieux et que les marchés de banlieue misent sur le rendement de 2021.

Dans l’Ouest canadien, destination très populaire, le Grand Vancouver devrait comptabiliser le revPAR le plus vigoureux, qui devrait croître de 48 % pour s’établir à 117 $ — ce qui représente de loin le plus haut au Canada.

À Calgary et Edmonton, le revPAR devrait progresser de plus de 50 %; toutefois, les répercussions tenaces sur l’offre et les difficultés économiques fondamentales perdurent. Il n’empêche que CBRE s’attend à ce que le revPAR d’Edmonton atteigne 53 $ et celui de Calgary, 62 $ pour 2022.

« La bonne nouvelle, c’est que nous nous attendons à ce que d’un océan à l’autre, les hôtels reprennent toute leur vitesse d’ici la fin de cette année, lance Nicole Nguyen. En fait, si la confiance des consommateurs connaît un solide rebond, et que les voyages d’affaires reprennent, il se peut même que l’industrie hôtelière soit au rendez‑vous des attentes. »

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