Article

L’industrie automobile du sud-ouest de l’Ontario sous pression : droits de douane persistants et renégociation de l’ACEUM en vue

06 mai 2026 4 Minute Read

Woman working at automotive plant on assembly line.

Le secteur automobile du sud-ouest de l’Ontario a encaissé de rudes coups au cours de la dernière année, dans un contexte de ralentissement des ventes de véhicules, ce qui soulève des inquiétudes quant aux retombées sur le marché immobilier industriel de la région.

Dans le même temps, Larin Shouldice, de CBRE, souligne que la grande majorité des constructeurs automobiles et des équipementiers ont mis en veilleuse tout projet d’envergure, ni expansion ni réduction des activités, dans l’attente d’une clarification sur les droits de douane et de la renégociation de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM).

« Il semble que la plupart des acteurs adoptent une approche prudente et s’abstiennent de prendre des engagements importants, tant l’incertitude est grande en ce moment », explique Larin Shouldice.

« Cette prudence tient avant tout aux interrogations entourant les droits de douane et l’issue des négociations sur l’ACEUM, mais aussi au climat économique incertain, qui pèse sur les ventes de véhicules », ajoute-t-il.

En janvier 2026, le fournisseur suisse de pièces automobiles Autoneum a annoncé la fermeture de son usine de 130 000 pi² à London, en Ontario, et le regroupement de ses activités dans ses installations de Tillsonburg, en Ontario. L’entreprise a invoqué le recul des volumes dans l’industrie automobile pour justifier cette décision.

Puis, en avril 2026, Volkswagen a annoncé qu’elle renonçait à fabriquer des véhicules électriques dans son usine du Tennessee, l’une des deux usines d’assemblage que son centre de production de batteries pour véhicules électriques PowerCo, situé à St. Thomas, en Ontario, devait approvisionner à compter de 2027.

L’usine PowerCo, dont la construction est en cours, n’approvisionnera plus qu’une seule usine d’assemblage Volkswagen, en Caroline du Sud. « L’enthousiasme et l’optimisme demeurent palpables autour du projet », précise Larin Shouldice, notant que les fondations ont été coulées et que la charpente métallique est en cours de montage. « Mais il y a aussi une certaine fébrilité. »

La fermeture de l’usine CAMI se fait durement ressentir

Ces événements surviennent dans la foulée de la décision prise par Magna en 2025 de cesser les activités de son usine Qualtech Seating Systems de 80 000 pi² à London, où elle produisait des ensembles de sièges et de la mousse pour la fourgonnette de livraison électrique BrightDrop de General Motors.

Ces fourgonnettes étaient assemblées dans l’usine d’assemblage CAMI de GM Canada, d’une superficie de 2 millions pi², à Ingersoll, en Ontario, avant que GM ne mette fin à la production et ne ferme le site au printemps dernier.

L’usine CAMI fabriquait auparavant le VUS Chevrolet Equinox avant de se reconvertir pour le BrightDrop, et l’avenir de l’ensemble du complexe demeure aujourd’hui incertain. « Nous n’avons aucune information sur la suite des choses, indique Larin Shouldice. Rien n’est encore prévu pour prendre le relais de la production du BrightDrop. »

Larin Shouldice signale néanmoins que certains pôles de production automobile de la région affichent de bons résultats. L’usine d’assemblage de Windsor, notamment, demeure un pilier de la production de fourgonnettes Stellantis, avec la fabrication des Chrysler Pacifica, Pacifica Hybrid et Grand Caravan 2027.

De son côté, l’usine Toyota de Woodstock Ouest, la plus récente des trois usines de Toyota dans la région, continue de produire les populaires multisegments RAV4 et RAV4 hybride. « Ce sont de grands succès commerciaux et tout indique que la production se poursuit à plein régime », fait valoir Larin Shouldice.

L’usine d’assemblage CAMI à Ingersoll, en Ontario.
The CAMI Assembly plant in Ingersoll, ON.

L’alimentation et les boissons prennent le relais

Alors que l’industrie automobile du sud-ouest de l’Ontario demeure en mode attentiste, Larin Shouldice fait observer que le secteur de l’alimentation et des boissons, autre pilier du marché immobilier industriel de la région, a été à l’origine d’un nombre appréciable de transactions ces derniers temps.

Black Fly Beverage Co., fabricant de boissons alcoolisées fondé à London, vient de louer 87 000 pi² supplémentaires au 847, avenue Highbury, où elle occupe déjà trois bâtiments dédiés à ses activités de production.

Par ailleurs, McCormick Canada, dont le siège est établi à London et qui fabrique des herbes et des épices sous les marques French’s et Club House, est également en pleine expansion : l’entreprise vient d’ajouter un entrepôt de 150 000 pi² à ses installations de production.

« L’alimentation est récemment devenue le segment le plus dynamique de l’immobilier industriel, reléguant l’automobile au second plan, observe Larin Shouldice. L’avenir du secteur tient vraiment à un fil pour l’instant, le temps que se dessine l’issue des négociations tarifaires et de la renégociation de l’ACEUM. »

« C’est à ce moment-là que le secteur commencera véritablement à tracer sa voie. On a l’impression que tous les acteurs du sud-ouest de l’Ontario attendent ce dénouement avec une impatience mêlée d’anxiété », conclut Larin Shouldice.

Perspectives connexes

Restez à l’affût

Joignez-vous à la cohorte de professionnels du secteur qui reçoivent nos dernières nouvelles par courriel.