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La mode contemporaine redessine le commerce de détail torontois

20 avril 2026 3 Minute Read

Arlin Markowitz in front of CBRE For Lease signage

Selon Arlin Markowitz, de CBRE, le paysage commercial torontois est en pleine redéfinition sous l’effet de l’essor de la mode contemporaine et de l’engouement marqué pour les marques athléchic.

« Les locaux vacants dans les principaux pôles commerciaux de la ville — Bloor-Yorkville, la rue Ossington et le centre commercial Yorkdale — sont en grande partie repris par des détaillants issus de ces deux univers, précise-t-il. Ces segments sont appelés à marquer durablement le paysage commercial de la métropole. »

À Yorkville, quartier emblématique du luxe, des enseignes comme Aritzia, Arc'teryx et Alo Yoga côtoient désormais des maisons patrimoniales telles que Tiffany & Co et Bvlgari. « Cela répond directement à l’évolution des attentes des consommateurs », souligne Arlin Markowitz.

Arlin Markowitz standing in front of Alo

Les consommateurs de la classe moyenne supérieure au premier plan

On a abondamment commenté l’économie dite « en K », qui se traduit, dans le commerce de détail, par une clientèle à hauts revenus soutenant les dépenses de luxe, tandis que les ménages aux revenus modestes et moyens se tournent plutôt vers les enseignes au rabais et les marques économiques.

Si Arlin Markowitz reconnaît cette réalité, il constate qu’elle s’atténue peu à peu. « Ce que nous observons aujourd’hui, c’est le retour en force de la classe moyenne, et plus particulièrement de sa frange supérieure. »

CBRE a d’ailleurs accompagné la marque sud-coréenne de lunettes Gentle Monster dans l’ouverture de sa toute première boutique, un local de 5 300 pi² au Yorkdale Shopping Centre, l’un des centres commerciaux les plus haut de gamme de la ville.

La rue Ossington, haut lieu des boutiques branchées torontoises, accueille quant à elle de nouvelles enseignes comme Carhartt WIP et la joaillerie fine Mejuri.

« Et cette mouvance déborde largement du seul univers de la mode, ajoute Arlin Markowitz. La restauration suit exactement la même logique : les adresses haut de gamme cèdent le pas à une restauration décontractée de qualité. »

Richard Jaffray, cofondateur du Cactus Club, vient ainsi d’acquérir une participation importante dans Keg Restaurants, au moment où la clientèle recherche des tables de qualité sans pour autant se ruiner. De même, le nouveau restaurant phare de JOEY Restaurants, installé dans le quartier financier de Toronto, affiche un achalandage supérieur à celui des établissements plus huppés du secteur, observe Arlin Markowitz.

Se positionner pendant qu’il en est encore temps

Aux yeux d’Arlin Markowitz, 2026 sera l’année où les détaillants devront passer à l’action, à mesure que les emplacements de qualité se raréfient.

« Peu de promoteurs construisent de nouveaux locaux commerciaux, en raison du coût élevé de la construction et de l’incertitude économique, explique-t-il. Et comme la mise en chantier de tours en copropriété ralentit à Toronto, les commerçants qui auraient pu s’installer au rez-de-chaussée de ces nouveaux immeubles résidentiels perdent cette avenue. »

Il prévoit donc un marché favorable aux bailleurs en 2027 et 2028, avec une vive concurrence pour les locaux de plain-pied de 3 000 à 5 000 pi² qui n’exigent pas d’investissements majeurs. « Si vous êtes détaillant, conclut Arlin Markowitz, 2026 est sans contredit l’année pour aller dénicher un local tant qu’il en reste. »

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