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À Winnigeg, Portage et Main s’ouvre aux piétons : Paul Kornelsen s’en réjouit
11 août 2025 5 Minute Read
Pour la toute première fois, Paul Kornelsen, directeur général de CBRE Winnipeg, a traversé à pied le carrefour légendaire de Portage et Main le mois dernier.
Par un matin de juillet radieux dans la capitale manitobaine, il se disait enchanté de ne plus devoir emprunter le passage souterrain, sombre et peu engageant, pour traverser la rue.
Depuis 1976, cette traversée en surface était interdite : l’une des intersections les plus emblématiques du pays avait été fermée aux piétons, remplacée par une galerie souterraine reliant les principaux immeubles de bureaux, dont le siège de CBRE Winnipeg au 201, avenue Portage.
« Profiter de la lumière et de l’air de la prairie, redécouvrir le centre-ville en marchant, c’était une expérience unique, confie Paul Kornelsen en repensant à cette première traversée. Quand j’étais enfant, jamais je n’aurais cru cela possible. »
« On avait tous intégré l’idée que traverser ici passait forcément par le souterrain. »
Un air de renouveau au cœur de Winnipeg
Originaire de la périphérie de la ville dans les années 1990, Paul Kornelsen se souvient d’un centre-ville peu attrayant à l’époque. « Honnêtement, on n’avait pas vraiment de raison de s’y rendre : l’ancienne patinoire des Jets était ailleurs, rien ne nous attirait vraiment vers le centre », relate-t-il.
Il évoque tout de même la liesse collective lors de la victoire olympique du hockey canadien en 2002, fêtée à Portage et Main, mais admet que peu d’autres occasions l’y avaient mené avant qu’il ne commence à y travailler en 2013.
La municipalité mise aujourd’hui sur la réouverture de l’intersection pour insuffler un nouvel élan à ce point névralgique de Winnipeg. « Ce lieu auquel on ne faisait que passer pourrait redevenir un site phare », estime Paul Kornelsen.
« On pourrait retrouver l’esprit du centre-ville d’autrefois, effervescent et incontournable. »
Il avoue sa surprise face au rythme soutenu des travaux : « D’octobre à juin, il a fallu fermer deux voies à ce carrefour bouillonnant, adapter tout le réseau d’autobus pour organiser la circulation à la surface… mais tout s’est réalisé vite et efficacement. Je dois dire que le résultat me bluffe. »
La fin du « cirque »?
La Ville de Winnipeg possède et gère les commerces situés sous l’intersection, mais reste floue quant à l’avenir de cette galerie, le fameux « cirque » comme certains l’appellent.
« Ce qui a motivé la réouverture, c’est l’ampleur des réparations à mener au sous-sol : les coûts devenaient intenables », détaille Paul Kornelsen.
Aujourd’hui, le cirque peine à attirer du monde. « On trouve encore un ou deux commerçants, mais l’ensemble manque de vitalité. On parle d’un lieu de transit, pas d’une destination en soi. »
La fermeture complète de ce passage pourrait cependant nuire aux édifices qui l’entourent, notamment celui où logent les bureaux de CBRE Winnipeg. Ces immeubles, connectés à tout le réseau piétonnier, pourraient perdre cet avantage en cas de fermeture : un enjeu majeur, surtout durant les hivers rigoureux.
« Pour le moment, il est possible de parcourir plusieurs pâtés de maisons sans sortir, explique Paul Kornelsen, mais le passage relie mal le côté sud de l’avenue Portage si le cirque ferme. Certains locataires pourraient se poser la question au moment du renouvellement de bail : est-ce qu’on ne déménagerait pas au sud, histoire de pouvoir continuer à marcher à l’abri, sur plusieurs kilomètres? »
« Esthétiquement, l’objectif est atteint. Les barrières de béton qui défiguraient chaque angle ont disparu et c’est plaisant de voir la rue reprendre vie. L’ambiance est plus animée et tout le secteur paraît plus accueillant. »
« C’est sûr que jusqu’ici, le temps était de la partie, tempère-t-il. Mais on verra comment ça tiendra en plein hiver, quand le vent cinglera les visages dans la rue! »
Un centre-ville qui se transforme
Avec ce nouveau flux de piétons à Portage et Main, les immeubles du secteur ont là une belle occasion de repenser leur façade et leur implication dans la vie urbaine.
« Jusqu’ici, ces édifices n’avaient pas été conçus pour recevoir du public, à l’exception de quelques terrasses, mais il y a de toute évidence matière à inventer de nouveaux usages, souligne Paul Kornelsen. Le quartier semble déjà bien plus accessible. »
Tous les propriétaires autour de l’intersection investissent beaucoup ces dernières années, et cela continue. Le coût est important, mais leur engagement envers le secteur et la ville est crucial : sans leur soutien continu, le visage du quartier serait bien différent.
Dans l’idéal, Paul Kornelsen souhaite que ces évolutions insufflées par la réouverture attirent de nouveaux investissements autour du carrefour.
« Mon souhait, c’est que propriétaires, commerçants et municipalité parviennent à collaborer et à façonner ensemble un lieu vraiment marquant, fidèle au prestige de ce carrefour symbolique. Ce serait un formidable vecteur pour propulser Winnipeg vers l’avenir. »
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