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Une traversée prudente

Le commentaire mensuel sur le marché - juin 2026

30 juin 2026 2 Minute Read

L’optimisme quant à une fin du conflit au Moyen-Orient demeure élevé depuis la signature d’un protocole d’accord en 14 points entre les États-Unis et l’Iran. Cette entente préliminaire prolonge le cessez-le-feu de 60 jours, le temps que les parties négocient un accord définitif, et prévoit la réouverture du détroit d’Ormuz au trafic commercial. Si les navires ont recommencé à emprunter le détroit, le passage demeure toutefois contesté, et le trafic n’a retrouvé qu’environ la moitié de son niveau d’avant-guerre. Les marchés financiers mondiaux continuent néanmoins de réagir favorablement : les cours du pétrole sont redescendus à leurs niveaux d’avant-guerre, tandis que les rendements obligataires, qui avaient bondi sous l’effet des conséquences inflationnistes et économiques du conflit, ont reculé par rapport à leurs récents sommets. Cela dit, comme plusieurs enjeux clés restent à régler dans l’accord final, la conclusion d’une paix durable et globale est loin d’être acquise.

Au Canada, la croissance économique s’est révélée plus faible que prévu depuis le début de 2026, sans pour autant être alarmante. Même si le PIB réel a légèrement reculé de 0,1 % en rythme annualisé au T1 2026, marquant un deuxième trimestre consécutif de contraction, les économistes ont rapidement appelé à la prudence avant de parler de récession. Le recul enregistré au T1 était si modeste que de futures révisions pourraient aisément le ramener en territoire positif. Par ailleurs, le Conseil du cycle économique de l’Institut C.D. Howe, qui fait figure d’autorité non officielle au Canada pour dater les récessions, attend un ralentissement « marqué, persistant et généralisé » de l’activité économique avant de conclure à une récession. Selon ce cadre d’analyse, le contexte actuel ne satisfait pas encore aux critères d’une véritable récession. Il convient aussi de souligner que le PIB par habitant a, en fait, augmenté sous l’effet du recul démographique, tandis que les dépenses des ménages demeurent globalement résilientes.

La politique commerciale des États-Unis demeure également une importante source d’incertitude, alors que l’échéance du 1er juillet pour l’examen de l’ACEUM approche rapidement et que les progrès semblent limités. Le Canada a officiellement demandé un renouvellement pur et simple de l’accord pour 16 ans, mais les États-Unis semblent plutôt souhaiter y apporter des modifications majeures. Pour l’instant, l’exemption prévue par l’ACEUM pour les marchandises canadiennes conformes, qui les soustrait aux droits de douane américains non sectoriels, demeure en vigueur. Le processus d’examen ajoute toutefois une autre variable d’incertitude aux perspectives économiques du Canada.

Dans un contexte économique plus fragile et d’inflation globale en hausse, la Banque du Canada poursuit le pilotage prudent de sa politique monétaire et a maintenu son taux directeur à 2,25 % ce mois-ci, pour une cinquième annonce consécutive. Comme les effets inflationnistes des cours du pétrole semblent contenus pour l’instant et que l’économie ne montre pas de signes de détresse marquée, la banque centrale devrait probablement conserver le statu quo cette année, du moins jusqu’à ce que de nouvelles données l’amènent à intervenir dans un sens ou dans l’autre.

Faits saillants économiques :

  • Le PIB réel a légèrement reculé de 0,1 % en rythme annualisé au T1 2026, ce qui représente une deuxième baisse trimestrielle consécutive.
  • L’inflation globale a atteint 3,2 % en mai 2026, tandis que les mesures de l’inflation fondamentale, soit l’IPC-Médian et l’IPC-Trim, sont demeurées stables à 2,1 % et à 2,0 %, respectivement.
  • L’emploi a progressé de 87 800 postes en mai 2026, et le taux de chômage a reculé pour s’établir à 6,6 %.

Points de vue :



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