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Une réévaluation soudaine du risque

Le commentaire mensuel sur le marché - mars 2026

31 mars 2026 2 Minute Read

Les marchés financiers sont en proie à la volatilité, le conflit au Moyen-Orient continuant de faire flamber les prix du pétrole. La fermeture de fait d’un corridor stratégique pour les approvisionnements mondiaux, conjuguée aux menaces qui pèsent sur les infrastructures énergétiques de la région, a ravivé les craintes d’un nouveau cycle inflationniste. Malgré la mise en circulation d’un volume record de réserves pétrolières d’urgence, une mesure de coordination internationale sans précédent, les cours du brut demeurent élevés et font peser une menace réelle sur la croissance mondiale. Les projections formulées il y a quelques semaines à peine sont aujourd’hui remises en cause, et plus le conflit s’enlise, plus les risques se concrétisent. Dans son dernier rapport sur les perspectives économiques, l’OCDE prévient que le conflit risque d’éroder la résilience et l’élan acquis par l’économie mondiale au fil de l’année 2025.

Du côté des taux d’intérêt, le consensus qui prévalait le mois dernier tablait sur un statu quo de la Banque du Canada tout au long de 2026. Depuis lors, les risques haussiers sur l’inflation et les risques baissiers sur la croissance se sont tous deux nettement accentués, divisant les marchés quant à la trajectoire future des taux au Canada. La Banque du Canada a certes maintenu son taux directeur à 2,25 % et réaffirmé une approche tributaire des données lors de sa décision de politique monétaire de ce mois-ci, mais les marchés anticipent désormais deux à trois hausses de taux d’ici la fin de l’année, dès le mois de juillet. Les économistes, pour leur part, persistent majoritairement à prévoir un maintien des taux en 2026 : la Banque du Canada entend en effet « faire abstraction » des effets à court terme du choc pétrolier.

Les rendements obligataires ont également bondi, alourdissant considérablement le coût des capitaux empruntés et des taux hypothécaires. Le rendement des obligations canadiennes à 5 ans a franchi le cap des 3,2 % ce mois-ci, progressant de quelque 60 points de base en quelques semaines à peine. Celui des obligations à 10 ans a grimpé de 45 points de base pour culminer à 3,6 %, un sommet en huit mois.

Cette tourmente survient au pire moment, alors que la croissance économique canadienne s’avère plus décevante que prévu. Au T4 2025, le PIB a reculé de façon inattendue de 0,6 % en rythme annualisé, tandis que l’emploi a perdu 83 900 postes en février. À cela s’ajoutent les mutations structurelles qui reconfigurent les relations commerciales du Canada ainsi que le ralentissement démographique. Dans l’ensemble, il est toutefois trop tôt pour mesurer la pleine portée de ces bouleversements sur l’économie canadienne : tout dépendra en grande partie de la durée du conflit au Moyen-Orient. Les marchés réagissant aujourd’hui avec une sensibilité extrême à chaque nouvelle escalade, la volatilité devrait rester soutenue dans l’intervalle.

Les faits saillants de la conjoncture économique :

  • L’emploi recule de 83 900 postes en février 2026, portant le taux de chômage à 6,7 %, en hausse de 20 points de base.
  • L’inflation globale a fléchi à 1,8 % en février 2026, tandis que les mesures d’inflation fondamentale IPC-Trim et IPC-Médian ont toutes deux reculé à 2,3 %.
  • La population canadienne a diminué pour la première fois depuis que des données sont compilées, d’environ 103 500 personnes, entre le 1er octobre 2025 et le 1er janvier 2026.

Points de vue :



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