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L’intelligence artificielle redessine le marché locatif des bureaux à Toronto, Vancouver et Montréal

20 mai 2026 4 Minute Read

An illustration of an office with four cubicles, where one worker is depicted with a vintage computer monitor for a head, symbolizing a person consumed by their work and technology.

Au cours de la prochaine décennie, l’intelligence artificielle (IA) s’imposera comme un puissant moteur de croissance pour le secteur technologique et la demande de bureaux, à mesure que son adoption se généralisera dans tous les pans de l’économie et transformera les entreprises.

C’est le constat que dresse le rapport Marchés des bureaux dans les pôles technologiques 2026 de CBRE, qui examine en profondeur l’influence des secteurs liés à l’IA sur les paramètres fondamentaux du marché des bureaux. L’étude porte sur 12 marchés américains, deux européens et trois canadiens : Toronto, Montréal et Vancouver.

« Les investissements en IA sont passés de la recherche et de l’expérimentation au déploiement à grande échelle, déclare Colin Yasukochi, directeur exécutif du CBRE Tech Insights Center, dans un communiqué. Cette transition se traduit par une demande tangible de bureaux dans les marchés qui disposent d’un vaste bassin de talents en technologie et d’écosystèmes d’innovation bien établis. »

L’activité de location technologique en hausse

Au Canada, le secteur des technologies a représenté 32,2 % de l’activité totale de location au T1 2026, en hausse par rapport à 14,7 % en 2025 — soit la plus forte proportion annuelle enregistrée depuis dix ans.

Toronto, Vancouver et Montréal, les trois marchés canadiens analysés dans le rapport, ont tous affiché une hausse de la location technologique entre 2023 et 2025. À Toronto, ce volume a été 2,4 fois plus élevé en 2025 qu’en 2023, et la ville reine figure parmi les cinq seuls marchés du rapport dont le taux d’inoccupation a diminué au cours des deux dernières années. Elle affiche également le cinquième taux d’inoccupation des bureaux le plus faible parmi les 17 marchés technologiques étudiés, derrière Londres, Paris, Vancouver et Manhattan.

Et si la croissance de l’emploi technologique fléchit aux États-Unis et en Europe depuis 2022, le Canada continue de tirer son épingle du jeu. On y prévoit une hausse de près de 2 % des emplois en technologie en 2026, contre moins de 1 % chez ses voisins du sud et outre-Atlantique.

« Compte tenu de la vigueur soutenue des investissements en IA et de l’embauche continue de nouveaux talents par les entreprises, nous nous attendons à ce qu’un nombre accru de marchés de bureaux américains et canadiens profitent de l’expansion en cours du cycle de croissance du secteur des technologies », ajoute Colin Yasukochi.

Bien qu’elle ne figure pas dans le rapport, la région de Waterloo s’invite de plus en plus sous les projecteurs du secteur des technologies.

Le rapport Scoring Tech Talent 2025 de CBRE a propulsé Waterloo de 11 rangs par rapport à 2024, la portant au 7e rang des principaux marchés de talents en technologie en Amérique du Nord. La région abrite désormais plus de 5 200 jeunes pousses et 15 000 entreprises technologiques, ce qui en fait la deuxième grappe technologique en importance sur le continent.

Todd Cooney, premier vice-président à CBRE et établi dans la région de Waterloo, ne perçoit aucun signe d’essoufflement à l’horizon 2026 : non seulement les éditeurs de logiciels, mais aussi « la robotique, l’IA, l’informatique quantique, les technologies médicales et d’autres créneaux prennent de l’expansion […] grâce à un financement accru », précise Todd Cooney.

Une infrastructure étoffée pour soutenir l’essor de l’IA

Les entreprises canadiennes consacrent des sommes inédites à la construction de l’infrastructure sur laquelle repose l’IA.

Telus a récemment annoncé l’aménagement de deux nouveaux centres de données à Vancouver et l’agrandissement de ses installations à Kamloops afin d’absorber les charges de travail liées à l’IA — un ensemble qui mobilisera plus de 150 mégawatts (MW) d’électricité d’ici 2032.

De son côté, eStruxture Data Centres, chef de file canadien dans le domaine, inaugurera cette année son plus vaste site en Alberta : un complexe de 90 MW représentant un investissement de 750 millions de dollars.

« Le secteur des centres de données connaît une expansion sans précédent, portée par la croissance fulgurante de l’économie numérique et le déploiement rapide des applications d’IA », confiait plus tôt cette année Martin Reed, directeur, Énergie mondiale et durabilité à CBRE, à Perspectives avantageuses.

« Dans la conjoncture actuelle, une planification rigoureuse des services publics s’avère essentielle, vu les besoins colossaux d’un centre de données en électricité et en eau », conclut Martin Reed.

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