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Les voyages se compliquent : les Canadiens restent près de chez eux cet été
24 avril 2026 4 Minute Read
D’abord, il y a eu le patriotisme; puis sont venues les préoccupations liées à la sécurité; aujourd’hui, c’est le coût des billets d’avion. Bref, voyager se complique.
Selon Rebecca Godfrey, de CBRE, les projets de voyage pour l’été 2026 ne consistent pas à parcourir de grandes distances. Au contraire, les Canadiens troquent leurs longues vacances à l’étranger contre des séjours plus courts, plus près de chez eux.
« La hausse des coûts des billets d’avion pousse les gens à rechercher des expériences locales, un peu comme pendant la pandémie, affirme Rebecca Godfrey, qui dirige le groupe Conseil en tourisme et destinations chez CBRE. L’accent est mis sur les escapades courtes et pratiques, surtout celles qui offrent des attractions et des bienfaits pour la santé. »
Des vacances placées sous le signe de la commodité
La semaine de travail nord-américaine semble s’allonger au-delà de ce qu’elle était, fait remarquer Rebecca Godfrey. « Même si le travail est souvent plus souple qu’avant, les gens ont l’impression de peiner à tout concilier. »
Cette pression au travail, conjuguée aux difficultés financières, transforme la façon dont les Canadiens voyagent. Selon l’étude de la Croix Bleue de 2025, plus du tiers des voyageurs réduisent leurs dépenses en écourtant leurs séjours, en optant pour des hébergements plus abordables et en restant près de chez eux.
« Pouvoir s’évader en emportant son travail au besoin devient de plus en plus fréquent », poursuit-elle.
Les destinations touristiques populaires de l’Ontario comme Elora, Niagara-on-the-Lake et le comté de Prince Edward connaîtront une hausse d’achalandage, portée par les Torontois désireux de s’éloigner de la ville.
En Alberta, les citadins prendront la direction des montagnes — Banff, Canmore et Kananaskis — pour s’adonner à la randonnée, à l’escalade et à d’autres activités de plein air.
« Les courtes escapades seront vraiment la grande tendance cette année, côté voyages », résume Rebecca Godfrey.
Quand le plaisir finance les efforts
Les destinations qui proposent des attractions uniques peuvent s’attendre à accueillir davantage de visiteurs cet été, selon Rebecca Godfrey. « Nous observons un grand succès dans les lieux qui offrent un élément ludique, comme une exposition ou un spectacle devant public. »
L’Aquarium de Vancouver, par exemple, attire les foules grâce à un théâtre en réalité virtuelle à plateforme dynamique qui permet aux visiteurs d’explorer le monde sous-marin, ainsi qu’à un bassin interactif où les enfants peuvent toucher et observer des invertébrés. De son côté, l’Aquarium Ripley du Canada, à Toronto, ajoute cette année une nouvelle exposition inspirée de l’art urbain : elle allie des visuels de style urbain local à des poissons aux couleurs chatoyantes et à des espèces marines des récifs coralliens.
« Les aquariums et les zoos canadiens s’engagent certes en faveur de la conservation, de la sensibilisation au climat et du bien-être animal, mais c’est au bout du compte l’aspect ludique qui finance ces efforts, souligne Rebecca Godfrey. L’achalandage grimpe dès qu’une attraction marquante est proposée. »
De plus en plus de stations de ski canadiennes proposent des activités estivales, et des politiques sont en cours d’élaboration — comme l’Alberta All Season Resorts Act — afin d’encourager l’aménagement d’atouts touristiques quatre saisons dans les stations de montagne partout au pays. Des attractions comme les tyroliennes, les via ferrata (parcours d’escalade sécurisés) et les télécabines contribueront à attirer davantage de touristes une fois la saison de ski terminée.
« Il est difficile pour les stations de ski de prospérer et de maintenir des activités florissantes si elles ne sont pas ouvertes à l’année, indique Rebecca Godfrey. Proposer des activités estivales est un excellent moyen de maintenir l’affluence. »
« Entre les enjeux financiers élevés et les enjeux climatiques, les stations de ski de montagne du monde entier cherchent à prolonger l’utilisation récréative des terrains en dehors de la haute saison. Au Canada, on assiste à une volonté d’aménager des villages de villégiature en montagne qui soient en mesure de stimuler le tourisme et de générer des usages récréatifs, commerciaux et résidentiels à l’année. »
Escapades au spa
Les escapades santé et bien-être seront très prisées cet été, particulièrement en Ontario et dans l’Ouest canadien.
« La tendance bien-être est énorme, lance Rebecca Godfrey. Nous observons toujours un vif intérêt des promoteurs pour la construction de spas nordiques. »
L’Everwild Spa de Canmore propose des circuits thermaux offrant des vues imprenables sur les Rocheuses, tandis que le nouvel AIRE Ancient Baths de Toronto s’impose comme une oasis urbaine, sans qu’il soit nécessaire de quitter la ville. Les deux établissements permettent aux visiteurs de bonifier leur séjour par des massages, ou simplement de profiter d’une journée de cycles thermaux.
« En ces temps incertains, le bien-être n’a rien de frivole : il s’agit plutôt d’un investissement significatif en soi-même, précise Rebecca Godfrey. Les gens sont de plus en plus nombreux à intégrer le bien-être à leur routine quotidienne. »
« Et cela répond à tous les critères : une journée au spa peut être courte, pratique et abordable. L’escapade parfaite en fin de semaine, ou même après une longue journée de travail. »
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