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Les croisières sur les Grands Lacs, nouvelle vedette du tourisme nautique

07 octobre 2025 4 Minute Read

Rebecca Godfrey in front of Great Lakes Cruise ship

Les croisières sur les Grands Lacs connaissent actuellement un essor remarquable.

L’an dernier, le port de Toronto a reçu 34 navires de croisière transportant 18 000 passagers. Cette année, on en attend 48, pour un total de plus de 20 000 visiteurs. À titre comparatif, le port n’avait accueilli que trois navires en 2020.

Rebecca Godfrey, directrice de CBRE Conseil en tourisme, a étudié en détail les données liées aux croisières sur les Grands Lacs dans le cadre d’un mandat pour Destination Northern Ontario, l’organisme qui couvre le territoire allant de la rivière des Français et de la rivière des Outaouais jusqu’à la frontière du Manitoba et à la baie d’Hudson. Ses travaux viendront nourrir les efforts de l’organisme visant à stimuler le tourisme et à s’assurer que l’offre de transport en Ontario du Nord s’inscrive dans une vision globale d’accessibilité touristique.

« L’objectif principal est de permettre aux visiteurs de découvrir toute la richesse du nord de l’Ontario, précise-t-elle. Les croisières sur les Grands Lacs contribuent à cet objectif. Elles ouvrent l’accès à des endroits plus éloignés et génèrent un effet économique majeur, les voyageurs y dépensant nettement plus que sur les croisières océaniques. Pour les collectivités riveraines, les retombées commerciales et sociales sont substantielles. »

Great Lakes cruise

À la carte

Le nombre de croisières sur les Grands Lacs grimpe rapidement. Des sociétés comme Viking ou Pearl Seas Cruises offrent des circuits d’une à deux semaines avec escales dans plusieurs villes canadiennes et américaines. Les navires accueillent en moyenne 300 passagers, les plus grands allant jusqu’à 385.

« On est loin des croisières géantes où des milliers de voyageurs font la file pour embarquer ou débarquer, souligne Rebecca Godfrey. Ici, il s’agit de navires d’expédition qui privilégient une approche immersive dans les communautés côtières. Certes, ces croisières coûtent souvent plus cher que celles des grands paquebots, mais elles proposent des suites haut de gamme, des excursions hors des sentiers battus et des expériences authentiquement canadiennes. »

« C’est vraiment une aventure à la carte : un jour, on peut partir en pêche privée et déguster sa propre prise préparée par un chef sur les rives du lac Supérieur, et le lendemain, randonner le long du lac Huron en découvrant le patrimoine anichinabé. »

Bon nombre de ces navires sont connectés au Wi-Fi, permettant aux passagers de concilier télétravail et loisirs tout en explorant des lieux éloignés. « Cela rend plus accessibles certaines petites destinations de l’Ontario et invite à des expériences inédites », poursuit-elle.

Poids économique

Depuis 2016, les villes portuaires des Grands Lacs investissent pour enrichir l’accueil des croisiéristes. Les ports d’attache, où commencent ou se terminent les itinéraires, tirent profit de l’afflux de visiteurs dans les aéroports, hôtels, restaurants et attractions. Thunder Bay, qui abrite le plus grand port du nord de l’Ontario, a ainsi reçu plus de 6 800 passagers et membres d’équipage en 2024, une activité évaluée à 4,3 millions de dollars pour l’économie régionale.

« Les passagers des croisières sur les Grands Lacs dépensent cinq fois plus que la moyenne des vacanciers en croisière, observe Rebecca Godfrey. Comme ils paient déjà pour une expérience haut de gamme, ils dépensent généreusement dans les communautés où ils font halte. »Great Lakes cruise

Tourisme mondial

Les croisières sur les Grands Lacs séduisent particulièrement les voyageurs étrangers. Selon la Great Lakes Cruise Association (GLCA), 66 voyages sont prévus en 2025, soit près de 200 000 visiteurs attendus : une hausse de 371 % par rapport à 2023. « Mais il y a un défi à relever, prévient Rebecca Godfrey. Les discussions avec la GLCA montrent que les règlements et les infrastructures devront évoluer pour accueillir un plus grand nombre de passagers et de navires. C’est une condition essentielle pour maximiser les retombées économiques et sociales qu’offre ce marché. »

Les croisières attirent surtout des clients venus du Royaume-Uni, d’Allemagne et d’autres régions d’Europe, donnant aux collectivités riveraines l’occasion de rejoindre une clientèle internationale tout en suscitant un regain d’intérêt national.

« Nous avons une multitude de destinations fabuleuses au pays que très peu de Canadiens visitent, conclut Rebecca Godfrey. Mais l’engouement actuel pour l’achat local et le sentiment renouvelé de fierté nationale laissent croire à un avenir prometteur pour les croisières sur les Grands Lacs. »

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