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Le prix à payer

Le commentaire mensuel sur le marché - septembre 2026

30 septembre 2026 2 Minute Read

La hausse des rendements obligataires mondiaux, amorcée au cours des derniers mois, s’est accélérée ces dernières semaines. Le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans a bondi pour atteindre un sommet inégalé depuis près de deux décennies, entraînant dans son sillage les rendements canadiens. Les préoccupations croissantes à l’égard des pressions inflationnistes engendrées par la guerre et de la détérioration des finances publiques ont été les principaux moteurs de la vague de ventes sur les marchés obligataires. Le conflit entre les États-Unis et l’Iran en est maintenant à son septième mois et aucune issue ne semble se dessiner. L’accumulation des pressions inflationnistes a donc amené les banques centrales du monde entier à amorcer un nouveau cycle de relèvement des taux d’intérêt. Dans l’ensemble, le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans a bondi de près de 50 points de base au cours du seul mois de septembre pour dépasser largement 5 %, atteignant ainsi son plus haut niveau depuis le milieu de 2007. Cette poussée a également fait grimper les rendements au Canada, mais de façon nettement plus modérée. Grâce à la situation budgétaire relativement plus saine du Canada, le rendement des obligations canadiennes à 10 ans a augmenté environ deux fois moins rapidement que son équivalent américain. Il n’en demeure pas moins que les coûts d’emprunt sont beaucoup plus élevés et que les ratios de couverture du service de la dette immobilière subissent des pressions.

Parallèlement, les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis se sont encore détériorées et menacent les perspectives économiques, au moment même où la conjoncture commençait à s’améliorer. Au deuxième trimestre de 2026, le PIB a progressé de 3,3 % en rythme annualisé, la croissance généralisée dans la plupart des secteurs laissant entrevoir une reprise. Toutefois, la récente escalade des droits de douane et des mesures de rétorsion entre le Canada et les États-Unis a ravivé l’incertitude, et la Banque du Canada prévient que la croissance économique pourrait être deux fois moins élevée au quatrième trimestre de 2026. Le gouvernement fédéral déploie des efforts soutenus pour diversifier les échanges commerciaux du Canada et attirer des capitaux, mais ce changement de cap ne se fera pas sans coût, et une période difficile se profile à l’horizon.

Dans ce contexte, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur inchangé lors de son annonce de politique monétaire de septembre, optant ainsi pour le statu quo pour une septième fois consécutive. Toutefois, les attentes du marché ont rapidement évolué. On s’attend désormais à ce que la Banque du Canada emboîte le pas à d’autres grandes banques centrales, comme la Réserve fédérale, la Banque centrale européenne et la Banque du Japon, et qu’elle relève ses taux. Selon les attentes implicites du marché, la probabilité d’une hausse du taux directeur le 28 octobre avoisine maintenant 60 %, et une augmentation d’au moins 25 points de base est pleinement intégrée aux cours d’ici la fin de l’année. Si cette hausse devait marquer le début d’un nouveau cycle de resserrement monétaire au Canada, l’économie canadienne pourrait devoir composer avec un obstacle supplémentaire au cours des prochains trimestres.

Selon l’Aperçu du marché de l’investissement au Canada du T2 2026, l’activité d’investissement immobilier a pris de l’élan au premier semestre. Les investissements dans l’immobilier commercial canadien ont totalisé 16,2 G$ au deuxième trimestre, leur plus haut niveau trimestriel depuis le début de 2022. Outre le raffermissement de l’activité visant des actifs individuels et des portefeuilles dans la plupart des catégories d’actifs, les volumes ont été stimulés par la conclusion de l’acquisition d’Amica Senior Lifestyles par Welltower. Soutenus par une intensification des activités de fusion-acquisition, les volumes d’investissement sont en voie d’atteindre un nouveau sommet annuel. La confiance des investisseurs risque toutefois d’être mise à l’épreuve au deuxième semestre de 2026.

Faits saillants économiques :

  • L’emploi a reculé de 41 700 postes en août 2026, tandis que le taux de chômage est demeuré inchangé par rapport au mois précédent, à 6,4 %.
  • L’inflation globale a atteint 3,0 % en août 2026, tandis que les mesures de l’inflation fondamentale, soit l’IPC-Médian et l’IPC-Trim, sont demeurées stables à 2,0 % et à 1,9 %, respectivement.
  • Les ventes au détail ont diminué de 0,7 % en juillet 2026 par rapport au mois précédent, mais l’estimation provisoire pour août laisse entrevoir une hausse de 1,3 %.

Points de vue :



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