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Penser au-delà des grandes surfaces : l’innovation dans le commerce de détail

16 janvier 2026 4 Minute Read

Kate Camenzuli Small Retail Innovations

La fermeture massive des magasins de La Baie d’Hudson partout au Canada laisse dans son sillage des centaines de milliers de pieds carrés à réinventer. Bien que les emplacements suscitent l’intérêt de nombreuses entreprises, trouver des locataires permanents demeure un défi de taille.

« Les propriétaires ont devant eux une chance qui ne se présente qu’une fois dans une vie, et je suis convaincue qu’ils sauront la saisir », affirme Kate Camenzuli, vice-présidente à CBRE.

D’ici là, des boutiques éphémères comme Spirit Halloween investissent plusieurs anciens magasins de La Baie, une solution pratique à court terme qui permet aux propriétaires de rentabiliser des surfaces autrement condamnées à rester vides.

Mais quel avenir attend ces grandes surfaces désertées? Et plus largement, où s’en va le commerce de détail traditionnel? À quoi ressembleront les grands pôles commerciaux dans les années à venir? Kate Camenzuli décrypte ces transformations.

An empty Hudson’s Bay location in Toronto’s Eaton Centre
Un magasin Hudson's Bay vide au Eaton Centre de Toronto

Un passage éphémère sous les projecteurs

Deux raisons poussent les propriétaires vers les locataires temporaires, souligne Kate Camenzuli. « D’abord donner vie aux locaux vacants, ensuite tester l’appétit du marché. »

Les magasins saisonniers et les boutiques éphémères comme Spirit Halloween, Calendar Club et Cozy comblent depuis toujours les espaces de transition dans les centres commerciaux. Jamais toutefois ils n’avaient occupé des surfaces aussi vastes dans les quartiers marchands les plus prisés du pays.

« La nouveauté, c’est le volume de surfaces vacantes dans nos centres commerciaux, un phénomène qu’on n’avait pas vu depuis très longtemps, constate Kate Camenzuli. Ce sont d’excellents emplacements immobiliers, mais démesurés. »

La Baie d’Hudson s’ajoute à une longue liste de grands magasins disparus au Canada depuis dix ans. Nordstrom, Zellers, Sears et Target ont connu le même sort après des décennies d’activité, abandonnant des centaines de milliers de pieds carrés que le détaillant moyen ne peut absorber.

Les grands magasins ont tiré leur révérence

Remplacer la Baie d’Hudson par un Costco ou un Walmart pourrait sembler la solution logique pour occuper ces immenses surfaces.

Kate Camenzuli estime pourtant que cette époque est révolue. « Les grands magasins de 200 000 à 300 000 pi² ne correspondent plus aux attentes d’aujourd’hui. »

« Déterminer la bonne taille et le bon format n’a jamais été aussi déterminant, notamment en raison du prix de l’immobilier. Les détaillants ont appris à se concentrer sur leurs atouts. »

Le projet de vente au détail moyen ou la phase moyenne atteint maintenant 35 000 pi², soit près de 50 % de moins qu’il y a trois ans, révèlent les Perspectives du marché immobilier 2025 de CBRE. Au pays, de plus en plus de marques réduisent la taille de leurs magasins types, redéfinissant ainsi les standards du secteur.

« Vouloir plaire à tout le monde relève désormais de l’impossible pour les commerces », observe Kate Camenzuli. Si des géants comme Walmart et Costco conservent leur place, elle estime que les anciens emplacements de La Baie gagneraient à accueillir des entreprises porteuses de concepts novateurs et audacieux.

Le bon dosage, les bons partenaires

Les propriétaires devront patienter avant de dénicher des locataires à long terme qui partagent leur vision, mais les avenues à explorer foisonnent.

« Les propriétaires investiront massivement dans ces anciennes grandes surfaces pour attirer les bons partenaires et créer la bonne alchimie », prédit Kate Camenzuli.

Centres de santé et de bien-être, terrains de pickleball, établissements d’enseignement, projets résidentiels : autant d’idées qui pourraient transformer les anciens magasins de La Baie.

Des pôles communautaires capables de dynamiser les lieux représentent aussi des pistes intéressantes. Le club de raquette public Fairgrounds, doté de son propre restaurant-bar et offrant l’adhésion gratuite, illustre bien cette tendance.

« Osez prendre des risques, imaginez un concept original et déployez-le aussi rapidement que possible, encourage Kate Camenzuli. La disparition de La Baie ouvre la voie à une multitude de débouchés pour les détaillants canadiens.

« Le moment est venu de créer des projets captivants qui rempliront ces surfaces et contribueront à bâtir un pays meilleur et plus fort. »

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