Tendances à surveiller

  • L’incertitude demeurera omniprésente en 2026

    Les droits de douane et les politiques commerciales mondiales continueront de plomber les perspectives de croissance économique du Canada, d’autant plus que les négociations de l’ACEUM doivent s’amorcer cette année. Le scénario de base prévoit un accord essentiellement inchangé, mais le risque baissier pour l’économie canadienne demeure important.

  • La croissance du PIB ralentira en 2026, mais les perspectives à long terme restent prometteuses

    La croissance annuelle du PIB devrait ralentir à 1,3 % en 2026 dans un contexte d’incertitude persistante, mais aussi en partie à cause d’une diminution temporaire de la population découlant du récent virage en matière d’immigration

  • Les taux d’intérêt et les rendements obligataires à long terme devraient faire du surplace

    La Banque du Canada ne devrait pas procéder à d’autres baisses et devrait maintenir le taux directeur à 2,25 % tout au long de l’année. Le rendement des obligations du Canada à 10 ans devrait lui aussi terminer 2026 à peu près au même niveau, pourvu que les marchés obligataires mondiaux restent stables.



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L’incertitude persistera et pèsera sur les perspectives de croissance

L’économie canadienne devra vraisemblablement continuer de naviguer en 2026 dans un contexte mondial empreint d’incertitude et de tensions géopolitiques, du moins pendant la première moitié de l’année, après quoi le sort de l’ACEUM devrait être plus clair. Cet accord a été vital pour la résilience économique du Canada face aux droits de douane américains. Le scénario de base qui fait consensus prévoit un accord de libre-échange nord-américain essentiellement inchangé, avec quelques ajustements mineurs. Il demeure toutefois un risque baissier important pour le Canada advenant une résiliation ou un démantèlement substantiel de l’entente.

Parallèlement, on attend toujours une décision de la Cour suprême des États-Unis sur la légalité des droits eux-mêmes. Cela dit, même si les droits de douane actuels étaient abolis, l’administration américaine a laissé entendre qu’ils seraient remplacés par des prélèvements imposés autrement.

Tant que les droits et les politiques commerciales mondiales ne se seront pas définitivement stabilisés, ils continueront de plomber les perspectives du Canada, freinant la croissance économique et paralysant la prise de décision des entreprises.

Dans l’ensemble, la croissance annuelle du PIB devrait passer d’environ 1,7 % en 2025 à 1,3 % en 2026. Ce ralentissement s’explique aussi en partie par une contraction temporaire de la population, le pays s’ajustant à son récent virage en matière d’immigration. À l’horizon des cinq prochaines années, les perspectives de l’économie canadienne s’annoncent plus reluisantes et figurent parmi les meilleures du G7. Un potentiel de hausse supplémentaire découle également de la mise en œuvre des grandes initiatives du Budget 2025, dont les retombées ne se feront sentir qu’après quelques années.

Les taux d’intérêt au Canada devraient faire du surplace tout au long de 2026, la Banque du Canada n’ayant guère de raisons de procéder à d’autres baisses. La banque centrale considère le taux directeur actuel de 2,25 % comme le niveau approprié pour contenir l’inflation tout en offrant un certain soutien à l’économie. Toutefois, une issue défavorable aux négociations de l’ACEUM — un abandon pur et simple de l’accord, par exemple — serait profondément préjudiciable pour l’économie et forcerait sans doute la Banque du Canada à reprendre les baisses de taux.



En revanche, si les perspectives économiques s’améliorent en 2026, les attentes pourraient grandir quant à d’éventuelles hausses de taux à compter de 2027. Le taux directeur se situant à l’extrémité inférieure de la fourchette neutre de la banque centrale, un raffermissement de la conjoncture donnerait à la Banque du Canada une marge de manœuvre pour envisager une normalisation de sa politique monétaire.

Du côté des obligations du Canada à plus long terme, les rendements pourraient fléchir légèrement en 2026, mais devraient terminer l’année à peu près aux niveaux actuels. Les marchés obligataires mondiaux continueront d’exercer une influence majeure sur les rendements canadiens à long terme; la volatilité demeurera donc un risque tout au long de l’année.