Chapitre 4
Commerce de détail
Perspectives sur le marché de l’immobilier au Canada - 2026
Tendances à surveiller
- Le commerce de détail restera stable, mais le succès variera selon les segments et les régions
La croissance des ventes au détail devrait demeurer stable, mais modérée, les ménages prudents resserrant les cordons de la bourse. La performance sera fortement localisée plutôt qu’uniforme à l’échelle du pays. Ce sont les villes secondaires et tertiaires qui offrent actuellement le meilleur potentiel aux marques souhaitant percer des marchés jusque-là inexploités
- La technologie comme levier analytique
L’essor de l’IA transforme le marché en dotant consommateurs et détaillants d’outils analytiques pour la recherche de produits, les recommandations et l’analyse des habitudes d’achat. Les gagnants seront ceux qui sauront tirer parti de ces outils numériques tout en préservant l’interaction humaine encore privilégiée en magasin.
- Le départ de La Baie d’Hudson ouvre une occasion unique dans un marché serré
Le départ de La Baie d’Hudson a permis aux propriétaires de réinventer de grandes superficies, suscitant un vif intérêt de la part des usages de divertissement et des détaillants de grand format. Les emplacements restants feront l’objet d’une évaluation stratégique visant à rentabiliser les centres — que ce soit par subdivision ou démolition ciblée.
Une croissance régulière et des avancées définiront le marché du commerce de détail
Le commerce de détail canadien a essuyé une série de revers en 2025 : économie chancelante, pressions douanières et fermeture de l’un des plus anciens détaillants du pays. Bon nombre de ces facteurs continuent de se déployer, mais leur impact initial s’est atténué, ce qui place le secteur sur des bases plus stables pour l’année à venir.
L’incertitude économique et des perspectives d’emploi plus sombres ont miné la confiance des consommateurs, créant une clientèle beaucoup plus prudente. À l’aube de 2026, plus de la moitié des consommateurs s’attendent à voir leurs finances personnelles se détériorer au cours des prochains mois. Les ménages — y compris les consommateurs à revenus élevés — seront donc de plus en plus sélectifs et chercheront à resserrer les cordons de la bourse, ce qui se traduira par une croissance des ventes au détail stable, mais plus lente en 2026. Cette conjoncture devrait propulser l’essor des détaillants à bas prix et amener davantage de consommateurs à adopter les formules « achetez maintenant, payez plus tard ».
La performance sera fortement localisée et variera selon les régions en 2026. Les villes secondaires et tertiaires affichent notamment une tendance positive et offrent le meilleur potentiel de croissance. De nombreuses grandes marques suivent les mouvements démographiques et les investissements en infrastructures pour percer de nouveaux marchés ou des marchés jusque-là inexploités à travers le pays.
La technologie jouera un rôle déterminant dans la transformation du commerce de détail. Auparavant, elle servait à créer une expérience omnicanale fluide ou à offrir des expériences uniques en magasin. Aujourd’hui, l’essor de l’IA dote consommateurs et détaillants d’un pouvoir accru sous forme de données.
Les consommateurs avertis utilisent des assistants d’achat propulsés par l’IA pour leurs recherches. Ces outils servent non seulement à comparer les prix et à recueillir des avis en temps réel, mais aussi à obtenir des recommandations. L’adoption de l’IA progresse, mais n’est pas encore généralisée. Selon Deloitte, les jeunes générations ont adopté l’IA pour la découverte et la recherche de produits, tandis que les plus âgées demeurent méfiantes, invoquant des préoccupations liées à la confidentialité des données.
Pour les détaillants et les bailleurs, exploiter l’IA afin d’obtenir des analyses sur les consommateurs et leurs habitudes d’achat fera la différence entre les meneurs et les autres. Il importe toutefois de rappeler que le magasin physique demeure essentiel. Selon PwC, les consommateurs préfèrent encore nettement l’interaction humaine aux assistants automatisés lors du passage en caisse et du service.
Une demande saine et une offre insuffisante ont contribué à maintenir le secteur stable, quoique serré, ces dernières années. Ces solides assises commencent à débloquer de nouvelles constructions dans certains marchés. Parallèlement, le départ de La Baie d’Hudson offre au marché une occasion unique.
L’intérêt pour ces locaux a été vif, même si leur avenir a d’abord soulevé des questions : de nombreux emplacements de choix ont été loués par d’autres détaillants de grand format ou des usages de divertissement — des vocations qui génèrent un achalandage constant.
Les bailleurs des emplacements restants évaluent stratégiquement leurs actifs en fonction du cocktail de locataires et de leur intégration au portefeuille, dans le but de rentabiliser leurs centres. D’anciens locaux d’enseignes phares pourraient être subdivisés pour prolonger le corridor du centre commercial ou, dans certains cas, complètement démolis. Il faudra du temps pour concrétiser ces visions, mais l’accent mis sur la réinvention de ces grandes superficies laisse entrevoir un beau potentiel pour le paysage immobilier canadien.